LOS AMIGOS

Exposition du 18 février au 27 mai 2018

À La Maison Des Arts Georges et Claude Pompidou, Cajarc.


Galerie bien, Marie Denis, Documentation Céline Duval, Célie Falière, Élise Florent, Lise Lacombe, Emmanuel Lagarrigue, Ahram Lee, Gregory Le Lay, Benjamin Paré, Marianne Plo, Jean-Michel Sanejouand, Pierrick Sorin, Alexia Turlin.


« Voilà, mon cher Max, deux livres et un caillou. [···] Je t’envoie ce caillou et je ne cesserai de te l’envoyer tant que nous vivrons. Si tu le gardes dans ta poche, il te protègera ; si tu le laisses dans un tiroir, il n’y sera pas non plus inactif ; mais ce que tu pourras faire de mieux est encore de le jeter. Car, tu sais, Max, mon amour pour toi est plus grand que moi, ce n’est pas lui qui m’habite, mais moi qui y loge, et puis il trouve un mauvais soutien dans ma nature vacillante, alors qu’ainsi il aura un logement de pierre dans un caillou, fût-ce dans une fente entre les pavés de la Schalengasse. »


Lettre de Franz Kafka à son ami Max Brod (1908)


En écho à ce texte, proposé comme base d’échanges aux artistes invités, l’exposition Los Amigos explore la représentation des liens d’amitié et des problématiques d’altérité. La relation à l’autre est une construction permanente dont les contours mouvants varient en fonction du contexte, des humeurs et du désir des partenaires. Dans cet esprit, l’exposition Los Amigos est conçue comme un chantier d’affects et de projections partagées, où résonne aussi l’actualité sociale et politique. Elle associe des œuvres de diverses époques - empruntées à des collections privées et publiques - et des créations proposées pour l’occasion par de jeunes artistes. Plateforme d’échange dynamique entre les artistes, le public et l’équipe du centre d’art, elle invite chacun à interagir.

Du vernissage au finissage, Los Amigos s’enrichit régulièrement de nouvelles producttions et se réinvente au fil du temps : la scénographie se transforme, les œuvres dialoguent et se conjuguent différemment, voire, disparaissent.

Ainsi, en résonance avec le texte de Ka a, la pierre du Causse traînée par Benjamin Paré dans sa vidéo Distraction, devient une tentative de sculpture, puis un tas de cail-loux, et en n un simple amas de poussière. La correspondance initiée par Grégory Le Lay, récemment déplacé de l’Aveyron aux Açores, enrichit, chaque semaine, l’ex- position d’un objet ou d’une action. Il invite l’artiste Arham Lee, en complice, pour répondre à sa proposition par une autre œuvre surprise à découvrir en avril.

Les sculptures de Célie Falières investissent l’espace du centre d’art à la manière d’un peuple étrange venu ici en ami. Par une série de sculpture à manipuler, elle propose également au visiteur de rejoindre les rangs de cette étonnante cohorte...
Dans la rubrique d’une amitié enjouée, les trois Calligraphies d’humeur de Jean-Michel Sanejouand voisinent avec la vidéo de Pierrick Sorin qui s’invente un alter ego, double inséparable pour une série de facéties aussi drôles qu’absurdes.

Sur un registre plus politique, la fameuse Une J’accuse de Zola jouxte l’œuvre de Marie Denis Full Contact pour aborder la fraternité trop souvent bafouée au l de l’Histoire du fait de positionnements idéologiques ou religieux.
D’autres œuvres viennent souligner les liens de camaraderie (Turlin, Documentation Céline Duval), de solidarité (Florenty, Galerie Bien), de confidentialité (Lagarrigue), d’errance rêveuse (Plo) propres aux relations d’amitié comme à l’engagement dans l’échange et l’attention portée à l’autre.


Marie Deborne et Martine Michard, Commissaires de l’exposition

ACTUALITÉ